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Posters Géants!, coffret catalogue d'exposition, autoédition, 07-2016.
Travaux — La nuit des rois, vue d'exposition, 04-2017.
Travaux — La nuit des rois, vue d'exposition, 04-2017.
Travaux — La nuit des rois, vue d'exposition, 04-2017.
Travaux — La nuit des rois, vue d'exposition, 04-2017.
Travaux — La nuit des rois, vue d'exposition, 04-2017.
Travaux — La nuit des rois, vue d'exposition, 04-2017.
Travaux — La nuit des rois, vue d'exposition, 04-2017.
Travaux — La nuit des rois, vue d'exposition, 04-2017.
Travaux — Make it rain,  vue d'exposition, 02-17.
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Travaux — Make it rain,  vue d'exposition, 02-17.
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Travaux — Le Looping, vue d'exposition, 06-2016.
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Travaux — Le Looping, vue d'exposition, 06-2016.
Travaux — Le Looping, vue d'exposition, 06-2016.
Posters Géants!, vue d'exposition, 07-2016.
Posters Géants!, coffret catalogue d'exposition, autoédition, 07-2016.

Si nous sommes sensibles à la photographie, c’est peut-être parce que nous reconnaissons dans ses procédés un air de famille, une manière de faire qui ne nous est pas étrangère. Procéder par coupes. Bloquer le flux de la réalité. Forcer l’apparition de contours et de figures dans la masse inintelligible.

Le monde n’est pas, il s’écoule. Notre vision, qui se fait de manière ponctuelle, ne peut saisir ce flux mais nous donne l’illusion de cette saisie grâce à la vitesse avec laquelle elle enchaîne les coupes qu’elle y effectue. Dans cette apparente fluidité perceptive, certaines images restent. A force de remémoration et de transformation, nous agissons à partir d’elles.

Nous savons que les photographies ressemblent aux choses telles que nous les percevons en ce que leurs éléments constitutifs (forme, luminosité et couleur) sont modulés selon des proportions quasi semblables à celles qui déterminent nos perceptions.
On peut étendre cette analogie à leur aspect sélectif. Une photographie est une coupe effectuée dans la masse fluide qui s’offre à l’oeil du photographe.

Une fois réalisée et offerte au jugement, une photographie peut être prise dans différents types d’enchaînements: série, exposition, histoire de l’art ou histoire personnelle. Juger ou interpréter une photo, c’est l’enchaîner, c’est à dire la lier à d’autres images.

Les liaisons effectuées par un photographe à partir de l’une de ses photographies ne sont jamais identiques à celles effectuées par le spectateur. En l’absence de récit partagé, on ne reconnaît pas les images. Leurs origines et leurs destinations sont alors l’affaire de la fiction. La qualité d’une photographie réside dans sa propension à faire démarrer des fictions, intimes, collectives, romanesques, poétiques, théoriques.

Un bon photographe est irresponsable. Irresponsable quant aux visions qu’il délivre. Il sait que les cheminements individuels sont hétérogènes et que pour un même shoot, on peut obtenir à la fois le trauma et l’indifférence.
Il sait que l’engouement comme le mépris peuvent naître du malentendu. De toute manière il sait qu’il n’existe de transmission que ratée, que de toute sa carrière, il ne transmettra rien. Ses photographies sont déjà à la dérive.
Un bon photographe feint l’irresponsabilité mais il sait qu’il existe des dérives plus intéressantes que d’autres : celles qui aboutissent à de nouvelles visions. Lorsqu’il coupe dans le flux, lorsqu’il coupe dans les coupes, il parie sur des images qu’il espère capables d’exciter d’autres images.

La pratique photographique, parce qu’elle engendre des traces, peut être perçue comme une forme d’archéologie. Pourtant, contrairement à cette dernière, qui est subordonnée par principe à la réalité matérielle passée qu’elle tente de sonder, la photographie est un puissant moyen de reprendre l’avantage sur la réalité.
Du fait de leur précision et de leur consistance, les images photographiques sont capables de dessiner un monde qui ne se ressemble pas, de transférer les éléments choisis d’une réalité en perpétuel mouvement à un autre cours des choses, celui de l’art. Par ce procédé, des éléments lointains deviennent contigus, de nouveaux réseaux de sens et d’affects deviennent
possibles. Un casque de moto se change en masque mortuaire, un dérapage contrôlé s’efface au profit de nuées ésotériques.
En effectuant ce tissage de nouveaux motifs à même le cuir de la réalité – motifs dont on ne manquera pas de manquer le sens – les images photographiques ont le pouvoir d’agir sur nous comme des propulseurs. Ne nous révélant aucune vérité. Mais nous poussant vers ces territoires inconnus, hostiles et vivifiants qui appellent le geste et la pensée.

C’est un vieux western. Un type est poursuivi par un autre type. Il court dans la forêt et sait que l’autre est sur ses traces pour lui faire la peau. Au bout d’un moment, comme le poursuivant lui colle au train, le poursuivi décide d’effacer ses traces, d’avancer en effaçant ses traces.

Cette scène est présente dans plusieurs livres, dans plusieurs films. Elle marque les esprits. Un vieux truc de trappeur : avancer en effaçant ses traces. La difficulté doit varier en fonction du terrain. Dans la boue on s’enfonce, on laisse de large empruntes et on peine à les recouvrir. Sur la roche, ça semble plus facile.

Mais quelque soit le terrain, on a la sensation que l’effacement des traces est un problème insoluble, un dédoublement infini de modifications que l’on fait subir à un environnement et sur lesquelles il est impossible de revenir. L’être humain, dont les actes physiques et spirituels sont fatalement approximatifs, semble bien incapable de cette prouesse. Idéalement, effacer ses traces, ce serait faire en sorte que le sol que nous avons foulé soit semblable au sol vierge qui précédait notre passage. Or, lorsqu’un être humain touche quelque chose, et donc le modifie, même de manière infime, il ne peut jamais le rendre à son état précédent, il ne peut que masquer la première modification par une nouvelle modification qui est alors trace de l’effacement de la trace.

Le poursuivi se fraye un chemin à travers les feuilles mortes. Le terrain est modifié une première fois. Il se retourne et place des feuilles mortes sur le chemin qu’il vient de tracer. Le terrain est modifié une seconde fois. Cela peut berner ses poursuivants humains. Ce subterfuge sera totalement inefficace si ces derniers sont accompagnés de chiens, les bêtes ne se fiant qu’à leur odorat. Le poursuivi sait que pour berner les chiens, il est préférable pour lui de progresser dans le sens du vent. Différents trucs pour différents animaux.

Le poursuivant humain n’a pas tellement d’odorat. Il regarde, touche et suit son instinct. Encore un truc de trappeur. Celui qui tente d’avancer masqué, il essaye d’effacer ses traces, mais plus il essaye de les effacer plus les traces s’accumulent : traces de l’effacement des traces de l’effacement des traces de l’effacement des traces.

On voit souvent ça dans les films policiers. Un type commence par faire un truc pas net. Il est soupçonné. Il ment pour s’en sortir une première fois. Mais ce mensonge lui amène de nouveaux ennuis auxquels il répond par un nouveau mensonge. Et ainsi de suite, l’engrenage infernal se met en place, le type ne s’en sort pas, s’enlise, perd pieds, se noie. On connait la morale de l’histoire dès qu’on est en âge de se faire gronder.

On en revient à la course poursuite dans la forêt. Le poursuivant cherche les traces de celui qu’il poursuit, fait des hypothèses sur le passé. Je pense qu’il est passé par là. Le poursuivi essaye de maquiller ses traces, fait des hypothèses sur le futur. Je pense qu’il ne verra pas que je suis passé par là. Le premier tâtonne, le second espère. Si jamais ils se rencontrent, c’est au premier qui dégaine. Le passé et le futur s’évanouissent et laissent place à un présent dense, interminable. Ces quelques secondes qui durent des heures, que le montage cinématographique fait durer en découpant les corps : rictus, regards, perles de sueur, mains crispées sur la crosse. Un bon western en somme.

Une autre scène récurrente maintenant, que l’on trouve dans les livres et films d’horreur. Une bête tapie dans l’obscurité. Un type avec un fusil et autour de lui, dans le noir, une démultiplication de sons, en face, sur les flancs, dans le dos, comme des ricochets de signes. Le type ne sait plus où donner de la tête. Excédé, il tire. Première rafale droit devant. Mais les bruits reprennent. La bête est toujours là. Deuxième rafale. Même scénario. Jusqu’à ce que la bête surgisse là où on ne l’attend pas. Nouvelle stratégie pour se soustraire à la perception : la multiplication des traces.

On parle de poursuite, on parle de se faire la peau. D’un type qui veut faire la peau à un autre type. D’une bête qui veut faire la peau à un type. D’avancer masquer. D’avancer dans la fumée. D’enfumer une bête pour la déloger. De loger une balle dans le buffet de la bête. On parle d’un crime parfait et d’une enquête parfaite, parfaitement irréconciliables.

On enquête sur une peau. Peau accrochée sur les murs de la maison du trappeur. A quel animal appartenait-elle ? Quand et comment est-il mort ? Peut-on considérer cette peau indépendamment de son porteur disparu ? On est forcé d’imaginer, de se forcer à imaginer.

La perfection c’est la fumée. La fumée qui n’est pas encore dissipée, le défaut qui se fait attendre. La perfection est un moment de l’imperfection. Des fusils pour quel crime? Stopper la vie à distance, dissiper la fumée et découvrir une ultime pose. Ca convient au criminel, pas à l’enquêteur.

De cette ultime pose, parfaite, silencieuse, photographie de scène de crime, on cherche à retrouver l’imperfection, le mouvement, la vie avant l’arrêt de la vie.

On établit des hypothèses sur le passé, on construit une histoire, on prépare le terrain pour le crime, on recherche les traces du crime dans le temps de l’innocence.

On découvre que le temps de l’innocence est un moment du crime, que le crime s’expose dans le temps de l’innocence. On découvre que cette exposition se nomme fiction.

Exposition personnelle

Lieu d'exposition le jour, lieu festif la nuit, Deuxième Bureau mène une double vie. La première autorise la seconde, la seconde rend possible la première, selon les règles, les impératifs et les nécessités de la vie culturelle associative.
Pour répondre à l'invitation de Pierre Andrieux et de Nicolas Milhé, j'ai décidé de prendre parti des contraintes imposées par cette double vie, et de proposer que ce qui fait installation le jour, devienne décor la nuit.
La nuit des rois est une double référence; à la pièce éponyme de Shakespeare et à un night-club charentais incendié à la fin des années 80. L'installation emprunte aux deux références. Au théâtre elle prend les rideaux, la notion de décor et de lumière, à la fête elle emprunte la liberté laissée à chacun d'incarner, ou non, un personnage et l'aspect morcelé, incertain et mouvant des souvenirs qu'elle laisse. Les images font le lien entre les deux moments, à ceux qui viendront les voir le jour elles apparaîtront avec la froideur du décor privé de ses acteurs, les visiteurs de nuit pourront s'y mêler, se confondre avec elles ou s'en détacher.

Exposition collective

Sur un commissariat de Karin Schlageter avec Simon Bergala, Bruno Botella, Cecile Bouffard, Erosion Power (Benoît Menard et Aldéric Trével), Les petits chats d’Auber (Yann Rondeau et Sylvain Rousseau), Andrés Ramirez, Georgia René-Worms, Eléonore Saintagnan & Grégoire Motte.

Exposition collective

Sur un commissariat de Mathieu Buard avec Laura Gozlan, Antoine Grulier, François-Xavier Guiberteau, Philippe Jarrigeon, Benoit Ménard, Gabriel Méo, Ludovic Sauvage, Camille Vivier.

Exposition collective

Exposition à l'occasion du premier anniversaire des éditions Lapin Canard avec Juan Aizpitarte, Christian Andersson, Marielle Chabal, Pauline Curnier Jardin, Alain Declercq, Chloe Dugit-Gros, Sammy Engramer, David Evrard, Gaillard & Claude, Vincent Ganivet, Yann Géraud, Yann Gerstberger, Laura Gozlan, Pierre Joseph, Laurent Lacotte & Pablo Cavero, Seulgi Lee, Damien Mazières, Nicolas Moulin, Marie Quéau, Samir Ramdani, Shanta Rao, Sylvain Rousseau, Eric Stephany, Laurent Tixador, Céline Vaché Olivieri and We Are The Painters.

Projet éditorial et curatorial

En collaboration avec Loan Calmon, Demi tour de France, Younes Klouche, Isabelle Kraiser, Claude Lévêque, Ahndraya Parlato & Gregory Halpern, Nicolas Poillot, Sylvain Rousseau & Yann Rondeau, Myriam Santos.

Exposition collective

Sur un commissariat de Timothée Chaillou avec Guillaume Airiaud, Remi Amiot, Ruth Barabash, Vincent Beaurin, Sarah Bedford, Yannick Bernede, Karine Bisch, Charlie Boisson, Elvire Bonduelle, Guillaume Bruere, Damien Cadio, Nicolas Chardon, Mathieu Cherkit, Claude Closky, Philippe Cognée, Guillaume Constantin, Paul Cowan, Annabelle Arlie, Christophe Brunnquell, Florian Bézy, Damien Cadio, Pauline Curnier Jardin, Franck Davi, Charles De Meau, Stephen Dean, Edith Dekyndt, Emilie Ding, Kaye Donachie, Antoine Dorrote, Luke Dowd, Thomas Dozol, Arthur Dreyfus, Melissa Dubbin, Florent Dubois, Chloe Dugit-Gros, Kenny Dunkan, Jack Early, Aymeric Ebrard...